SOCIALISME - Socialisme et pouvoir

SOCIALISME - Socialisme et pouvoir
SOCIALISME - Socialisme et pouvoir

La question du pouvoir est une question centrale pour le socialisme. On peut l’envisager selon deux axes principaux: Quelle a été la doctrine marxiste-léniniste quant à la prise du pouvoir et à la transition au socialisme, face aux conceptions et aux pratiques social-démocrates? Quelle a été la pratique réelle devant la question du pouvoir dans les révolutions et édifications socialistes, en U.R.S.S. d’une part, en Chine populaire de l’autre?

1. La prise du pouvoir d’État

La doctrine marxiste-léniniste quant à la prise du pouvoir d’État tient à sa position concernant le problème de l’État. Pour Marx et Lénine, l’objectif principal de la révolution doit en effet viser l’État. L’État est conçu comme l’instance fondamentale qui maintient la cohésion d’un système social face à la lutte de classes qui s’y déroule, et comme l’appareil qui consacre l’exploitation économique et la domination politique et idéologique d’une ou de plusieurs classes sur les autres. L’État se présente ainsi à la fois comme le résumé et comme le lieu concentré des contradictions d’une société. La révolution socialiste ne peut accéder à la transformation des rapports économiques, sociaux et idéologiques qu’en ayant comme objectif principal la prise par les masses populaires, sous l’hégémonie de la classe ouvrière, du pouvoir d’État.

Ainsi, la doctrine marxiste-léniniste se distingue déjà de certaines conceptions qui relèvent soit du socialisme utopique, soit de la pratique et de la doctrine de la social-démocratie: cette dernière, tout en puisant originellement ses sources dans la doctrine de Marx, a abouti à une dégénérescence de cette doctrine.

L’économisme , en admettant que le but essentiel du socialisme consiste dans la transformation des rapports économiques, considère que l’objectif principal de la pratique de classe c’est l’économique lui-même. On en trouve plusieurs variantes. L’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire négligent le pouvoir d’État, en considérant que l’objectif d’une pratique révolutionnaire consiste dans la prise du pouvoir dans les usines, par le biais de la grève générale, le pouvoir d’État étant censé s’écrouler automatiquement comme conséquence nécessaire de cette prise du pouvoir dans les institutions économiques. Contre cette conception, le marxisme-léninisme a démontré, dans la théorie et dans la pratique, que des transformations radicales des rapports de production supposent la prise du pouvoir d’État, instance centrale qui maintient et consacre l’exploitation de classe. De ce que la révolution socialiste a pour but fondamental la transformation des rapports économiques, il ne s’ensuit pas pour autant que l’objectif principal de la pratique révolutionnaire réside dans l’économique lui-même. La version social-démocrate de l’économisme, quant à elle, relève du réformisme.

Le socialisme utopique considère que l’objectif fondamental d’une pratique révolutionnaire consiste dans l’idéologie, à savoir dans le changement des idées, des mœurs, des coutumes des masses populaires. Sa version principale fut celle du mouvement socialiste français au cours du siècle dernier, avec ses conceptions des Bourses du travail, des phalanstères; elle s’inspire des doctrines de Proudhon et de Fourier. Elle s’est prolongée par le jauressisme, pour lequel le moyen principal d’accéder au socialisme est l’éducation et la transformation préalable du système scolaire. Cette conception de la «révolution par les idées» se retrouve d’ailleurs dans certaines interprétations actuelles de la «révolution culturelle». Contre cette conception profondément idéaliste, le marxisme-léninisme insiste sur le fait que c’est le pouvoir politique de l’État, par le biais des appareils idéologiques dont il dispose, qui maintient et consacre la reproduction de l’idéologie dominante, et les rapports de domination-subordination idéologique.

Le réformisme est la conception proprement social-démocrate. Il revêt souvent deux aspects: le réformisme économiste est le réformisme syndical, qui se réclame farouchement de l’apolitisme et considère que le socialisme viendra par la satisfaction progressive de revendications partielles d’ordre exclusivement économique; le réformisme politique considère que la prise du pouvoir d’État et l’avènement du socialisme seront le résultat d’une conquête progressive d’éléments séparés, de bribes, de pans ou de secteurs particuliers du pouvoir politique: soit d’appareils isolés du système étatique, tel l’appareil scolaire, soit d’échelons intermédiaires et subalternes des appareils d’État, de la police, de la justice, de l’enseignement, de l’armée, soit, et surtout, de pouvoirs municipaux ou régionaux. Telle fut la conception classique de la social-démocratie autrichienne (la conquête de «Vienne la rouge»), italienne (la conquête de l’«Émilie rouge») et allemande (la conquête du gouvernement de la province de Prusse) entre les deux guerres. On sait ce qu’il en advint.

Contre ces façons de voir, le marxisme-léninisme tire ses conclusions quant à la révolution et au processus révolutionnaire de ses analyses concernant la nature du pouvoir d’État et des appareils d’État. Pour lui, l’État, bien que composé de plusieurs appareils à fonction principale soit répressive, soit idéologique, constitue en fait un système unitaire. C’est que le marxisme-léninisme n’analyse pas le pouvoir politique en termes institutionnalistes (les pouvoirs et contre-pouvoirs des institutions) ou juridiques formels (la «séparation des trois pouvoirs» par exemple), mais en termes de pouvoir de classe. Les institutions ou appareils ne possèdent pas de pouvoir par eux-mêmes; le pouvoir se réfère aux classes sociales, qui le détiennent et l’exercent par le biais de l’État, sans que pour autant l’État soit conçu comme simple outil ou instrument manipulable à volonté par telle ou telle classe. Or, si l’État et ses divers appareils constituent un système unitaire, c’est qu’ils expriment principalement le pouvoir d’une classe ou de plusieurs classes et fractions de classes dominantes: mais, même dans ce dernier cas, il ne s’agit pas d’une alliance à partage égalitaire et équilibré du pouvoir. Il s’agit d’un bloc au pouvoir qui fonctionne en unité sous l’égide d’une classe ou fraction de classe, exerçant l’hégémonie dont l’État garantit par excellence les intérêts spécifiques. Dans ce sens l’État n’est pas en fait composé d’éléments séparés et juxtaposés qu’on saurait conquérir un à un. Parce que, d’une part, dans le cas de conquête d’un de ces éléments par les masses populaires et leurs représentants, le pouvoir réel s’en rétracte et se déplace au sein du système; il est alors exercé par des organes parallèles ou par d’autres institutions. D’autre part, l’État ne peut accepter que soient entamés les appareils principaux, et particulièrement l’armée, la police, la magistrature.

C’est en raison de ces analyses que Marx, Lénine et Mao Zedong ont, par ailleurs, toujours considéré le «passage pacifique au socialisme » comme étant impossible et de ce fait rejeté la conception du passage pacifique que soutient l’ensemble des analyses et pratiques réformistes. Certes, la théorie marxiste-léniniste de la prise du pouvoir d’État ne se résume pas pour autant à une théorie de l’insurrection ponctuelle du «grand soir», ou à celle d’un coup d’État du type blanquiste, bref à celle d’une conspiration. Il s’agit plutôt d’une théorie du processus révolutionnaire , thématisée par Mao comme «guerre prolongée» et par Lénine comme « révolution ininterrompue et par étapes», fondée sur la préparation et la maturation des masses populaires sous la direction de la classe ouvrière et de son parti, afin de prendre le pouvoir d’État.

2. La «destruction» des appareils de pouvoir

Le second problème doctrinal soulevé par la conception marxiste-léniniste du pouvoir réside dans la question de la transition au socialisme. En effet, un des points les plus importants sur lequel Marx (dans ses textes sur la Commune de Paris), Lénine (dans L’État et la révolution , notamment) et Mao ont insisté, et qui distingue radicalement le marxisme-léninisme des autres doctrines, c’est que la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre le pouvoir d’État, mais doit en plus «briser» les appareils d’État bourgeois. En effet, les appareils d’État ne sont pas de simples machines, outils ou instruments «neutres» dont l’utilisation dépend de la classe au pouvoir. Des appareils d’État bourgeois ne peuvent, de par leur nature même, cristalliser un pouvoir d’État prolétarien, car leur constitution organique propre condense des rapports d’oppression et d’exploitation de classe. Certes, le prolétariat ne pourra se passer d’un État pendant la construction du socialisme, et c’est en quoi le marxisme-léninisme, en parlant de « dépérissement » de l’État dans la phase ultérieure de passage au communisme, se distingue de l’anarchisme. Mais, dans la transition au socialisme, le prolétariat doit «briser» les anciens appareils d’État et les remplacer par des appareils qui préfigurent déjà ce dépérissement de l’État en ce qu’ils ne consacrent plus, dans leur nature, une séparation organique entre dirigeants et dirigés, mais expriment l’«autogouvernement» de la classe ouvrière.

Cette théorie de la «brisure» des appareils d’État concerne tout d’abord l’appareil répressif d’État et ses diverses branches: remplacement de l’armée et de la police par l’armée et les milices populaires, remplacement de l’appareil judiciaire par les tribunaux populaires, «destruction» de l’administration bureaucratique et contrôle de l’administration par des formes de soviets ou de communes populaires, etc. Mais elle concerne également les appareils idéologiques d’État.

L’État, outre l’appareil répressif et ses diverses branches, comprend en effet également une série d’institutions qui ont pour fonction principale d’élaborer et d’inculquer l’idéologie dominante: elles font ainsi partie intégrante de l’État, dans la mesure où elles servent à légitimer la domination de classe, même lorsque, du point de vue juridique, elles ne sont pas formellement «étatisées»: tels sont le système scolaire, l’appareil d’information et des mass media, etc. Mais, les classiques du marxisme-léninisme ont toujours insisté sur le fait que ces appareils idéologiques bourgeois ne peuvent non plus être employés tels quels dans la transition au socialisme. Par exemple, il ne suffit pas de reprendre telle quelle l’organisation institutionnelle du type «école», quitte à simplement changer le «contenu» de l’enseignement: les appareils idéologiques eux-mêmes, qui ne sont pas des institutions au-dessus des classes, transmettant une culture supposée «neutre», doivent être «brisés», car des appareils idéologiques de nature bourgeoise ne peuvent élaborer et transmettre une idéologie et une culture populaires prolétariennes.

Néanmoins, vu leur nature et leur fonction particulières, les appareils idéologiques d’État possèdent en général, entre eux et par rapport aux rouages répressifs en eux-mêmes, une autonomie relative spécifique. Il s’ensuit que ces appareils ne peuvent être «brisés» ni de la même façon ni en même temps que l’appareil répressif ou que chacun d’eux. Le rythme et l’historicité propre de leur destruction dépendent des étapes de la lutte de classes dans la phase de transition au socialisme.

Enfin, la théorie marxiste-léniniste de la «destruction» des appareils de pouvoir ne se limite pas aux appareils d’État, répressifs et idéologiques. Elle s’étend aux appareils économiques : en effet, une entreprise, sous sa forme capitaliste, ne constitue pas une simple unité de production, mais également un appareil, en ce que, outre qu’elle est le lieu où se concrétise l’exploitation de classe, elle reproduit en son sein les rapports de domination politique et idéologique (organisation despotique du travail, division du travail intellectuel et du travail manuel, division dirigeants-exécutants). Il s’ensuit que la production socialiste, en transformant les rapports de production et en abolissant l’exploitation de classe, ne peut reprendre telle quelle l’«entreprise» comme forme d’organisation de la production. L’entreprise non plus ne constitue pas un outil «neutre», de facture technologique ou machiniste, dont l’utilisation dépend de son détenteur. Une organisation de la production de type capitaliste, même sans capitalistes, ne peut matérialiser un pouvoir ouvrier. Certes, la «destruction» de l’appareil économique, vu l’existence de ce noyau dur que Marx désignait comme la «base technique de la production», pose des problèmes tout particuliers: cette «destruction» non plus ne peut être faite ni de la même façon ni en même temps que la «destruction» des appareils d’État. Il ne reste pas moins vrai que la théorie marxiste-léniniste et la pratique ouvrière ont rencontré ce problème, qui n’est autre que celui des conseils ouvriers.

Or, si la théorie marxiste-léniniste a attribué la plus grande importance à la question de la «destruction» des appareils de pouvoir, c’est pour une raison fondamentale: maintenus tels quels après une révolution socialiste qui se contenterait simplement d’en changer les détenteurs, ils sont non seulement les lieux privilégiés de refuge des anciennes classes dominantes chassées du pouvoir, mais également le lieu de production, de par leur nature même, de formes de domination pouvant conduire à des formes d’exploitation de classe de type nouveau, notamment de reconstitution de la bourgeoisie sous forme nouvelle.

3. Les expériences socialistes

Un bref aperçu des deux expériences socialistes fondamentales, celle de l’U.R.S.S. et celle de la Chine, est parfaitement démonstratif à ce sujet.

Il n’est, bien entendu, pas question d’aborder ici les raisons du processus suivi en U.R.S.S. Mais on peut en indiquer brièvement les grandes lignes. Après la révolution d’Octobre, seul l’appareil répressif d’État et ses diverses branches ont subi une «destruction». Quant aux autres appareils idéologiques d’État, exception faite de l’Église, et notamment le système scolaire, ils n’ont pas subi de «destruction» socialiste; c’est ainsi que le «lycée» soviétique, jusqu’en 1930 environ, fut purement et simplement la continuation du lycée tsariste, avec quelques légères modifications; la question principale qui a retenu l’attention fut celle du contenu de l’enseignement, et ce malgré les positions d’un courant très puissant, celui du Proletkult, qui, sous forme intempestive parfois, réclamait la destruction de l’ancienne école et son remplacement par l’«école du travail». La même affirmation est valable pour l’appareil économique: les conseils et soviets ouvriers furent assez vite éliminés, remplacés par la «direction unique» dans des «entreprises» où, capitalistes en moins, ont très vite été appliquées les méthodes tayloristes de travail. Pour en revenir à l’appareil répressif d’État en lui-même, initialement «détruit», les choses ont vite changé, notamment dans le domaine de l’administration bureaucratique: le tournant s’était déjà esquissé avec l’emploi de «spécialistes bourgeois» sous la N.E.P. (Nouvelle Politique économique), intensifié avec le «renforcement» de l’État qui fut ultérieurement prôné.

Ces événements et ces raisons ont joué un rôle essentiel dans la reconstitution progressive, en U.R.S.S., d’une bourgeoisie sous une forme nouvelle, principalement sous celle d’une bourgeoisie d’État.

C’est dans le refus de cette voie bourgeoise et dans la tentative d’une application correcte de la théorie marxiste-léniniste de la «destruction» des formes d’appareils de pouvoir bourgeois que l’on doit chercher l’originalité profonde de la «révolution culturelle» pratiquée en Chine. Elle ne consiste que très partiellement en une révolution dans les idées; elle concerne principalement la «destruction» des divers appareils, sans se rapprocher pour autant de la conception anarchiste de la disparition volontariste des appareils d’État.

On peut faire cette constatation tout d’abord dans le domaine des appareils idéologiques; là réside tout le problème posé par la révolution culturelle de «destruction» des formes scolaires ou culturelles (opéra, théâtre, cinéma) héritées du capitalisme. En effet, on s’est aperçu que des formes capitalistes d’appareils ont tendance à sécréter spontanément de l’idéologie bourgeoise et, par voie de conséquence, des porteurs de rapports de domination idéologique.

De plus, la révolution culturelle ne s’est pas limitée aux appareils idéologiques. Elle a tenté de s’appliquer à la destruction de l’appareil économique: résurgence de formes de conseils ouvriers, remise en cause du pouvoir des «directeurs» et de l’autorité hiérarchique fondée sur une division dirigeants-exécutants ou travail intellectuel-travail manuel, bref, destruction de l’appareil «entreprise». Elle a enfin atteint profondément les appareils politiques et répressifs, c’est-à-dire l’administration bureaucratique d’abord, par la renaissance ou la mise en place d’appareils du type des soviets tels que les communes rurales et urbaines, mais aussi l’armée, le parti communiste lui-même.

Ainsi, la révolution culturelle bénéficie des leçons tirées par la direction du Parti communiste chinois concernant la dictature du prolétariat, telle qu’elle s’est manifestée en U.R.S.S., et des conséquences qui s’ensuivirent. Ainsi, le problème de la prise du pouvoir d’État et de la destruction des appareils est la question fondamentale d’une révolution socialiste, par laquelle la classe ouvrière accède au pouvoir et s’y maintient, en révolutionnant de façon continue l’ensemble des rapports de la société. Ce problème pose la question de l’hégémonie de la classe ouvrière, à la fois dans son organisation propre et dans la direction qu’elle revêt au sein de l’alliance des classes qui constituent les masses populaires.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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